Ridan

Détails

Retour en arrière
Ridan dans IAPIAP sur Canal J
Note des internautes

Ridan

Cinq années bien remplies se sont écoulées depuis Le Rêve ou la vie, et la voix de Ridan, malgré sa douceur apparente, est à l’évidence de celles qui portent haut et loin dans la chanson d’aujourd’hui. Les lauriers qui ont fleuri sur son chemin depuis 2004 (une Victoire de la musique, le Grand prix de l’Académie Charles Cros, deux disques couronnés d’or) n’accueilleront pas de sitôt le repos de ce jeune trentenaire dont les questionnements incessants ne connaissent un apaisement provisoire qu’une fois mis en musique. « La reconnaissance flatte la tranquillité de l’esprit, elle ne nourrit pas la création » objecte ainsi cet « intranquille » de nature lorsqu’on évoque le succès conséquent de L’ange de mon démon, son second album, et de cet Ulysse adapté de Joachim Du Bellay qui fit un beau voyage sur les ondes en 2007 et durant la longue tournée qui suivit. Les scènes de France vibraient d’ailleurs encore de son passage quand Ridan décida que son troisième album n’attendrait pas que ne retombe l’énergie et la fièvre ainsi accumulées. L’esprit de partage et de communion fraternelle, qui est d’ailleurs celui des concerts, Ridan a d’emblée décidé d’en faire le thème générique du disque, selon une méthode qui est invariablement la sienne depuis toujours : « J’ai besoin d’une idée centrale à partir de laquelle j’organise chaque chanson comme un chapitre qui doit au final nourrir l’ensemble. Le premier album tournait autour du sens de la vie, du questionnement existentiel. Le second parlait de la dualité, de l’opposition bicéphale entre le pour et le contre, l’ange et le démon qui est en chacun de nous. Celui-là, c’est peut-être la résolution de ces deux interrogations, la fin d’une trilogie dont l’aboutissement serait cette idée du partage. » Une formule magique germe en cours de route, qui résume tout : L’un est l’autre. Ce sera le titre de l’album et le sésame de l’inspiration des chansons. Après Du Bellay, Ridan saute plusieurs siècles de poésie pour, sans le vouloir, rendre hommage à Rimbaud et à son célèbre Je est un autre, qui à l’époque déjà entremêlait une double quête d’identité, celle de l’homme et celle de l’artiste. C’est encore aujourd’hui l’altérité qui apporte à Ridan, enfant de l’immigration et héritier évident d’une tradition française de la chanson qui grince (Brassens, Renaud…), des réponses longtemps demeurées floues : « Ce trouble identitaire me donnait l’impression de ne pas voir la même chose avec chacun de mes deux yeux. Mes chansons, au fil du temps, m’aident à les accorder et à trouver ainsi mon équilibre. » L’un est l’autre, en dix chapitres aux focales et aux points de vue complémentaires, portés par une musicalité largement renouvelée, est donc l’album le plus lumineux et serein de Ridan. Lequel éclate d’un rire de franc soulagement : « Au grand désarroi de mon psy, je n’irai plus le voir. »
Ne nous trompons pas : chez lui le goût du partage n’a pas celui de la guimauve. Les bons sentiments infusés à l’eau de rose, très peu pour ce révolté du quotidien qui ausculte les palpitations contemporaines et les bleus universels en se gardant bien de dégainer des vérités toutes faites et surtout de dispenser la moindre leçon prête à penser. Même derrière sa charge au mortier contre les « Stars minutes », on verra poindre en tendant l’oreille une forme de bienveillance désolée. Mais Ridan n’est pas simplement un amoureux en état de dépendance de cette langue française qu’il embrasse il faut le dire avec une fougue rarement rencontrée, porté par « un besoin sanguin d’écriture ». Ce troisième album montrera aussi toute l’étendue de sa géographie musicale, qui laisse apparaître sur des reliefs inédits de nouveaux musiciens parmi les plus (af)fûtés de l’hexagone et surtout un nouveau partenaire d’exception pour l’écriture et la réalisation. Si Alain Félix, le collaborateur de toujours, co-signe encore quatre chansons, c’est Jérôme Paret, le guitariste de scène de Ridan, qui aura cette fois endossé le rôle de l’alter ego privilégié tout au long de L’un est l’autre, et qui révèle chez Ridan des inflexions inattendues vers la pop anglo-saxonne et de minutieuses touches électro qui accentuent encore mieux la volupté acoustique de l’ensemble. Pour dix nouveaux petits bijoux aux mécaniques impeccables qui font plus que jamais de Ridan un humble orfèvre et un horloger savant de la chanson. Et de L’un est l’autre l’antidote idéal à la violence d’une époque où trop souvent l’un hait l’autre.

Ajouter à mes favoris
Donner une note :
Mettre sur mon blog

Commentaires : r´agissez à ce contenu

Légende des boutons
  • Aucun commentaire n'a encore été déposé pour ce contenu.

Publicité

Tu aimes
Ridan
tu vas adorer

  • Jibber Jabber - Jibber et Jabber, des jumeaux de 7 ans, turbulents à... - En savoir plus
  • Le blog RE7 - Découvre des news en exclu sur tes jeux vidéo préférés... - En savoir plus
  • Bébé Lilly - Bébé Lilly est une enfant star ! A peine 1 an et déjà se... - En savoir plus
  • Kangoo juniors - À School-Island, Napo, Kevin, Junior-Junior, Archie... - En savoir plus
  • Iap Iap - IAPIAP ! lance un nouveau défi : créer tous ensemble la Tro... - En savoir plus